Mouche d’Ornans, To be or not to be ???

 

 

Les premiers manuscrits écrits sur la pêche à la mouche montraient des imitations qui comportaient des ailes, certainement pour imiter le mieux possible avec les moyens de l’époque les éphémères. Dame Juliana BERNERS, auteure de l’ouvrage  »Livre de Saint Alban » parut en 1450 décrit douze mouches conçues pour la pêche de la truite, du saumon et du chevesne. Le ton était donné pour cinq siècles d’imitations des principales espèces de nos cours d’eau.

 

Les ailes dressées

Ce terme détermine les ailes qui sont fixées perpendiculairement à la hampe de l’hameçon. La fixation de celles-ci se fait généralement au début du montage, si toutefois cette manière de procéder, ne nuit pas aux autres matériaux qui devront être mis en place. Un fil de montage plat assez fin devra être utilisé pour ne pas donner un trop gros volume au corps, mais surtout pour la finition au niveau de la tête. Un fil de montage 14/0 est parfait pour cela. Les premières représentations d’éphémères étaient souvent des mouches de mai qui comportaient d’imposantes ailes en plume de canard colvert, ces mouches ne sont pratiquement plus utilisées.

Les ailes dressées en quill

Beaucoup d’articles ont été écrits sur la mouche d’Ornans, on retrouve les premières traces de ce modèle vers la fin des années 1930. Malheureusement, il ne reste pratiquement plus de témoins oraux de cette époque bénie,. Cette imitation, à l’époque était montée en hameçon numéro 14 et 16 était censée représenter les éphémèrelles, en particulier Ephemera Ignita, dénommée blue winged olive ou sherry spinner par les anglais) Elle à sans doute été créé dans les années 1920 par un pêcheur jurassien, Amédée GROS qui excerçait la fonction d’instituteur dans le Jura à Marigny, à proximité de la ville de Champagnole.

Amédée GROS était un pêcheur au fouet renommé, tant par ses talents en action de pêche, que par ses qualités d’entomologiste, ce qui était assez rare à l’époque, la barrière sociale pour des personnes intelligentes ayant pour passion commune la pratique de la pêche à la mouche, ils ne pouvaient donc que collaborer ensemble. Il inspira Léonce VALETTE plus connu sous son pseudonyme Léonce de BOISSET dans l’édition de son ouvrage  » Les mouches du pêcheur de truites  » édité à la librairie des Champs- Elysées en 1939, puis dans l’édition d’un second ouvrage, Les Éphémères édité aux Éditions Stock en 1942, ces éditions rares sont toujours d’actualité et son d’une aide précieuse pour la détermination des éphémères.

À cette époque les imitations anglaises où la pêche a la mouche n’était pratiquée qu’en mouche sèche, inspira certainement Amédée GROS, il créa des mouches avec des ailes en quill, prélevées sur des rémiges de pigeon , et en donna quelque-unes à Gérard de CHAMBERET qui en assura la commercialisation en 1928. Gérard de Chamberet peut en revendiquer la paternité. Mais rien ne prouve que les ailes en quill étaient prises uniquement sur des rémiges de pigeon comme il est dit couramment, celles-ci étant plus faciles à manipuler sur de plus grosses tailles d’hameçons pour des imitations de type anglaises.

Je pense, mais cela n’engage que moi, que la confusion vient, qu’à l’époque, les mouches de tradition anglaise qui étaient présentes dans les quelques catalogues existants, le célèbre catalogue de Manufrance où du Chasseur Français, était le plus représenté jusqu’au fin fond de nos campagnes.

Iron Blue Dun

Léonce de Boisset, dans son ouvrage, l’ombre poisson de sport, édité le 25 mai 1941, par l’imprimerie AUBIN à Ligué dans la Vienne, a la page 94, il est écrit  pour une imitation de l’Iron Blue Dun.

Hameçon : double 00

Corps : en quill teint en brun, avec un thorax en crin ou en soie noire.

Ailes : en plume d’étourneau charbon de bois.

Collerette : hackle de coq gris moyen mélangé à du coq jaune.

Cerques : de coq gris

La taille des hameçons double 00 de l’époque sur l’échelle de PENNELL correspond à un numéro 16 actuel.

À cette époque, les hameçons étaient forts de fer, les plus utilisés allaient de la taille 12 au 16. Je me souvient encore de la verte remontrance de mon vieil ami et Maitre, Roger SIMON, vieille main de la basse Loue, alors que je pêchais l’ombre sur une mouche n°18 et 12 centième en pointe, qui me reprochait de pêcher trop petit.

La mouche d’Ornans à été crée vers la fin des années 1920, 1930 est mentionné dans le catalogue de Madame de CHAMBERET, mais sans confirmation précise. Donc à la date de la parution de cet ouvrage en 1941, c’est bien l’étourneau comme cité sur le montage de l’Iron Blue Dun qui est utilisé. C’est à Charette, petite localité de Saône et Loire où il avait établit domicile, au bord des belles gravières du Doubs, ou pullulaient à l’époque les bancs d’ombres que cette mouche à prise naissance, il ne se doutait certainement pas qu’elle allait 100 ans plus tard survivre à toutes les modes. C’est en ces lieux que Léonce de Boisset à si bien écrit les plus belles pages de la pêche de l’ombre en arrière-saison, en particulier Écrit le soir qui reste pour moi un de ses plus beaux ouvrages. C’est donc dans ce petit village des bords du bas Doubs que commencera l’histoire d’une des plus belles entreprises de pêche à la mouche en France.

Mouche d’Ornans. Montage de Chamberet-Pêche Sportives n°36 

Les Mouches de Charette, ce nom sonne dans la mémoire de tous les pêcheurs à la mouche qui ont lu et relu les beaux ouvrages de notre passion commune. C’était l’entreprise la plus en vue en France et en dehors de nos frontières, ses  »Dames » c’est ainsi que Madame de Chamberet surnommait ses ouvrières. Celles-ci, formées par la maîtresse de maison, étaient les meilleures ouvrières de notre pays, elles fabriquaient pour le plus grand bonheur des pêcheurs au fouet, les mouches les plus abouties que l’on pouvait trouver sur le marché.

La collection  »Gallica  » avait une renommée internationale, Charles RITZ qui était un ami proche du couple, ainsi que ses compagnons et amis, Louis DUFFAY, Auguste LAMBIOTTE, Pierre CREUSEVAULT, le Docteur Louis TIXIER et le Docteur TISSERAND, propriétaire à l’époque de la célèbre pêche de la FOUGERE sur la Loue, ou se sont écrit quelques belles pages de la littérature halieutique française.

Après son décès, pendant les années sombres de la deuxième guerre mondiale en 1941, son épouse, Mme Germaine de CHAMBERET continua les activités halieutiques de son mari, elle désira d’inclure ce modèle dans la série  »La Loue ». Cette collection comportait 15 imitations de type  »araignées », aucune ne comportait des ailes, les plus connues étant La Favorite de Gérard de Chamberet, La Loue et la Gloire de Neublans. Elle décida alors de ne pas l’incorporer dans cette série où elle était destinée au départ, et de la baptiser »mouche d’Ornans » car cette imitation avait fait faire de belles parties de pêche sur la propriété du Comte de MONTRICHARD, propriétaire du château de Cléron, en particulier au moulin Moulin de Cude. en aval du barrage.

 

La Mouche d’Ornans

La description de cette mouche dans le catalogue d’origine relate, mouche très curieuse originaire de la Loue, pour leurrer ces gros ombres qui ont vu passer toutes les mouches du monde ! Ce modèle fut confié à Gérard de CHAMBERET par Amédée GROS, vers 1930. Elle s’appelait alors  »ailes couchées » et fut baptisée vers 1942  »Ornans », capitale de la Loue, par Mme de CHAMBERET. Curieuse parce que munie d’une aile double à demi couchée sur le corps, et pauvre en hackle, elle se couche sur le flanc, flotte bas sur l’eau ; ce serait plutôt un subimago mort ou une émergente à mi-chemin entre sèche et noyée. C’est une des plus remarquables mouches pour les rivières calmes. Elle est également réalisée avec quatre ailes accolées deux à deux, et dressées verticalement en V.Cette mouche était montée principalement sur des hameçons numéro 14 et 16, le corps constitué en enroulements de fil de montage de soie style Gossamer orange, rose, jaune, grise,olive, jaune paille, rouge, vert foncé, vert clair et une version hackle roux, corps orange. Les cerques prélevés sur une plume molle étaient longs, les hackles gris fumés et un hackle de coq gris.

Je faisais partie du GPS du Doubs, crée en 1980 par Bernard FAIVRE. C’est également dans ce club, que j’appris lors de séances de montages la manière de confectionner les mouches d’Ornans par une personne inconnue de la plupart des pêcheurs, mais cité dans le livre de Vincent Lalu, relatant la carrière d’Henri BRESSON, le sorcier de Vesoul. Il s’agissait de Pierre GRATTSAC, cité dans le chapitre des les cros vers, pêcheur invétéré de GOUMOIS, où il possédait un chalet à proximité du Moulin du Plain. Officier de la police nationale, les pêcheurs l’avaient surnommé le commissaire. Il m’a montré les rudiments du montage, et la manière de confectionner et de prélever les quills sur la rémige d’étourneau pour réaliser cette mouche si convoitée à l’époque.

Mais tout a une fin, le nombre des pêcheurs au fouet ayant augmenté, le poisson s’est éduqué, il a fallu réduire le diamètre de la pointe du bas de ligne, mais après quelques lancers un peu appuyés, si le fil de nylon était inférieur au Ø 14 centième, c’était le vrillage assuré. Devant ce problème, cette mouche, qui avait fait prendre tant de poissons est tombée en désuétude, on ne la trouvait pratiquement plus à la vente, elle avait même été retirée du catalogue JMC Mouches de Charette par le propriétaire de l’époque.

À part quelques initiés, cette imitation n’était guère connue en dehors des limites franc-comtoises pour des raisons que j’ignore, elle a fait le bonheur des pêcheurs pour ceux qui la connaissaient jusqu’en 1980, on la trouvait encore en vente chez les bons halieutistes.

En 1989, alors que j’étais le garde-pêche du Lodge de la Piquette, j’ai eu l’idée de remplacer le hackle de coq par des fibres de cul de canard et de les fabriquer en taille 14-16-18-20, la nouvelle version de la mouche d’Ornans était née, avec le succès qu’on lui connaît. Mais peut-on encore la nommer mouche d’Ornans, car elle ne ressemble en rien à l’original. Le corps en soie de montage a été remplacé par du dubbing synthétique, où pire en quill de substitut  de condor, le hackle de tête en coq est remplacé par du cul de canard. Le modernisme est passé par là, et c’est tant mieux. Il n’y a pas de mouche  »miracle », mais il y en a quand même quelques-unes qui on fait leurs preuves depuis des décennies sur les rivières de France et de l’étranger. Tout pêcheur au fouet se doit de la posséder.

        Mouche d’Ornans version Gérard Piquard 1990

Conseil pour le montage

Pour avoir un résultat optimal, il faut impérativement posséder les ailes provenant du même volatile. Pour le montage de la mouche d’Ornans il s’agit de l’étourneau sansonnet qui est le plus facile à utiliser. Les oiseaux sont comme tout ce qui nous entoure dans la nature, à première vue, ils se ressemblent, mais il y a souvent une différence, pas toujours perceptible.

Essayer d’assembler les rémiges provenant d’oiseaux différents ne pourra que donner un résultat médiocre. J’utilise les étourneaux entiers, comme cela, je suis certain de posséder les plumes adéquates, de plus, les nombreuses plumes de cou et de dos peuvent servir au montage d’autres modèles.

https://www.youtube.com/watch?v=OHWydIYABRs

Le Docteur Jean-Paul PÉQUEGNOT dans son ouvrage  »Répertoire des mouches artificielles Françaises » édité en 1984 par l’imprimerie JACQUES et DEMONTROND à Besançon page 73, citait la mouche d’Ornans.

Une de ses remarques m’a toujours étonné quand il écrit que la mouche d’Ornans se couche sur le côté, flottant collée à la surface par une des ailes, représentant un imago mort…manchot. Personnellement, je n’ai jamais remarqué ce fait, avec une collerette constituée d’un hackle, la mouche une fois posée flotte normalement, les ailes bien dressées vers le ciel. Par contre tout est différent quand j’ai eu en ma possession cette mouche d’Ornans qui date des années 1950, et qui m’a généreusement été donnée un vieil ami pêcheur de la Loue. Les cerques sont très longs et le hakle est constitué d’une plume de poule de mauvaise qualité, montée en hackle de gorge. De cette façon, effectivement l’imitation dérive collée à la surface de l’eau, et correspond à la description de Jean-Paul Péquegnot dans son ouvrage.Tout a changé avec la version modernisée de la mouche d’Ornans, qui effectivement peut faire dériver cette l’imitation ailes collée à la surface. L’utilisation des barbules molles de la plume issue du croupion de canard, si elles sont plus ou moins fournies, peuvent effectivement faire pencher la mouche, surtout si celle-ci est mouillée

                            Ornans  années 1950

Répertoire des mouches artificielles Françaises du Docteur Jean-Paul Péquegnot

J’ai parfois entendu quelques vieux pêcheurs au fouet de la vallée de la Loue me dire, après avoir vu mes mouches d’Ornans, que c’était des mouches de Vallorbe. Il n’en fallait pas plus pour semer le doute dans mon esprit, et pour que je continue d’approfondir mes connaissances sur l’histoire sur cette mouche d’origine Suisse.

Et si la mouche d’Ornans n’en était pas une ?

Les Mouches de Vallorbe

Charles BICKEL est né à Vallorbe en 1891, et à commencé à fabriquer ses premières imitations en CDC en 1924 ou peu avant. il créa une collection de 24 mouches numérotées 401-424 nommées les Mouches de Vallorbe, les premières imitations en croupion de canard à avoir été fabriquées et commercialisées. Le montage est très simple, le corps est réalisé en soie de montage, la collerette est formée par une plume de cul de canard enroulée sur la hampe, les cerques sont absents.

Avec l’aimable autorisation de Mr  Rolf  Frischknecht  propriétaire de Swissflies 

Charles BICKEL créa une superbe collection de mouches à ailes en quill, avec une collerette soit en coq ou en plumes molles comme la perdrix. En plus de la série de 24 mouches de Vallorbe en CDC, sa collection comportait cinq séries de mouches dont 3 comportaient des ailes en quill, soit 124 mouches environ.

Après son décès en 1945, sa veuve a repris la fabrication et la distribution des mouches jusqu’en 1960. Le commerce à été vendu à Monsieur Fontannaz qui à continué l’activité, puis vendu à son tour en 2013 à Monsieur Rolf  Frischknecht l’actuel propriétaire.

Je dois ses précieux renseignements grâce à Mr Rolf  Frischknecht, propriétaire de la société suisse  Swissflies, il n’a pas encore publié la page sur son site, mais il possède le livre de travail de Charles Bickel où toutes les indications par années sont notées.

Dans les années1940, Maximien JOSET, scieur de bois, né en 1905, montra à Louis VEYA né en 1928 la formule de montage du Moustique. Ils ont juste fait des adaptations, ils habitaient à Courfaivre. D’après sa famille, Maximien à commencé de faire des CDC dans les années 1930 et Louis Veya après 1942.

Les Moustiques du Jura

En ce qui concerne le montage et les matériaux qui constituent les ailes, madame Joset  préfère le pigeon, mais aussi divers volatiles comme le canard, la poule, l’étourneau.

Monsieur Veya a surtout fabriqué des CDC à corps  raphia, mais aussi des mouches à ailes et des phryganes. Il avait son petit commerce d’ articles de  pêche installé dans le sous-sol de sa maison. C’est en 1952 que Monsieur Veya a commencé la commercialisation de ses modèles pour les vendre, et à ouvert son magasin en 1979.

Daniela Veya, sa belle fille à commencé à travailler en 1985, elle fabriquait les mouches Veya jusqu’à septembre 2021, date de la fermeture du magasin, elle continue d’ en fabriquer sur demande à Mr Rolf  Frischknecht

Les mouches historiques étaient montées d’abord sur des hameçons sans œillet, et plus tard surtout sur Mustad.

C’est une mouche d’un montage simple, mais très prenant. Le montage comprend quelques cerques en fibres de hackle de coq, le corps est réalisé en soie de montage, la collerette est formée par une plume de cul de canard, non pas twistée mais enroulée sur la hampe. L’emploi de plumes de grande qualité est obligatoire, issu de canard sauvages colvert, le rachis souvent très fin facilite grandement l’enroulement de la plume. Toutes ces mouches ne comportent pas d’ailes, alors pourquoi cette confusion avec la Mouche d’Ornans ? Et c’est là que tout se complique, la Franche-Comté, ou est né le nom de la mouche d’Ornans par Mme de Chamberet est limitrophe avec la frontière suisse, en particulier de Vallorbe. C’est dans ce pays que les premières mouches montées en cul de canard sont nées, grâce à des monteurs réputés comme Maximien JOSET, Charles BICKEL né à Vallorbe, et Louis VEYA de Courfaivre.

Quand un pêcheur français évoque, ce qui est assez rare, la mouche de Vallorbe, celui-ci décrit le plus souvent le Moustique du Jura.

Comment est arrivée la confusion ?

C’est la ressemblance de cette collection avec la mouche d’Ornans, ou vice-versa qui a donc crée une confusion pacifique de paternité avec nos amis helvètes.

Gérard de Chamberet est né en 1887, il est sensiblement plus âgé que Charles BICKEL de 4 ans. La mouche d’Ornans fut crée vers la fin des années 1920, je n’ai aucune donnée précise sur la mise en vente des modèles suisses.

À cette époque, il n’y avait pas d’internet, seuls le catalogue Manufrance et quelques petits fascicules papier permettaient de promouvoir et de faire connaître les imitations de mouches sur le marché. Tout le monde travaillait, avec des semaines de 60 h, seule la journée du dimanche permettait d’aller à la pêche, la pêche au fouet à cette époque était peu pratiquée. Les permis coûtaient cher, le vélo était le moyen de déplacement le plus utilisé, hormis pour quelques pêcheurs à la mouche pour la plupart aisés. Les pêcheurs français qui écrivaient dans les revues de l’époque comme Tony Burnand, Léonce de Boisset fréquentaient surtout en Franche-Comté la haute rivière d’Ain, la Loue, le Doubs en aval de Dôle, je n’ai pas connaissance qu’ils fréquentaient les rivières du jura suisse. Pour se procurer des mouches, il n’y avait que le marchand d’articles de pêche le plus proche de son domicile, les mouches comportant du cul de canard étaient pratiquement inconnues, et ceux qui la connaissaient n’en parlaient pas.

Il est pratiquement certain que la mouche d’Ornans a été crée sans qu’une partie n’ait connaissance de l’autre dans l’état actuel des connaissances, je pense que la mouche d’Ornans avec collerette en hackle est aux Français, et la collection BICKEL CDC est aux Suisses.

Je suppose être le principal acteur de cette confusion. En 1990, j’ai modifié la Mouche d’Ornans traditionnelle en remplaçant la plume de coq par du CDC. Internet n’existait pas, très peu de revues parlaient du CDC, la norme de l’époque dans la pratique de la pêche en mouche sèche utilisait principalement des plumes de coqs de grande qualité issus des élevages du Limousin.

J’avais entendu parler des mouches Suisses, mais je pensais que les Mouches de Vallorbe ne se limitaient qu’aux Moustiques du Jura, donc sans ailes. J’ai voulu rester dans la lignée de cette vieille mouche puisqu’elle comportait des quills d’étourneau, seule ressemblance avec le modèle original. Sans trop me casser la tête et par facilité, puisque cette mouche m’était destinée pour mon usage personnel et pour quelques amis, je l’ai nommée Ornans CDC, grosse erreur que j’essaie de réparer 30 ans plus tard, car j’étais à mille lieux de savoir le succès qu’elle allait connaître quelques années plus tard.

Je venais d’écrire mon premier article concernant cette mouche sur mon blog, puis un peu plus tard en 2001, puis un second en 2013 sur le magazine halieutique Pêches Sportives devenu 8,6 pieds, dirigés par Vincent LALU et Philippe BOISSON, rédacteur en chef. C’est ainsi que l’Ornans version CDC commença à se faire connaître aux pêcheurs de l’hexagone, et plus tard à l’étranger.

Elle fait depuis une belle carrière, je suis heureux d’être à l’origine de sa diffusion par la voie des magazines papier, mais surtout sur Internet:

par l’intermédiaire de mon blog.

https://pouic.gobages.net/

ensuite de ma page youtube

https://www.youtube.com/channel/UCouceniXTE_b65kU7kMiHzQ

et de ma page Facebook

https://www.facebook.com/mouches.de.gerard

C’est quasiment la seule mouche que l’on me demande de faire en démonstration depuis que je fais les salons de pêche depuis une dizaine d’années, elle se trouve maintenant référencée dans de nombreuses collections professionnelles, elle dérive sur de nombreuses et belles rivières, imitée par de nombreux pêcheurs avec plus ou moins de réussite.

Page de couverture du magazinePêches Sportives avril-mai-juin 2013

Comme elle n’était plus disponible à la vente, un propriétaire très connu d’une grande marque de vente de fly tying et d’importation de matériel de pêche et de films publicitaires exclusivement dédié à la pêche au fouet, m’a demandé à mon domicile de lui donner une vingtaine de mes modèles, il a quand même eu l’honnêteté de m’avouer qu’elles étaient destinées, non pas à aller voguer sur l’eau, mais à être reproduites par les éternels copieurs des produits Made in France d’Extrême-Orient.

J’en tire quand même une grande satisfaction, ces Ornans CDC qui avaient été retirée de leur catalogue, puis après avoir été testée par le propriétaire de la marque sur la Loue chez  »Sanso » devant le succès obtenu en action de pêche, retrouvèrent la place qu’elles avaient perdues, et cela bien sur, loin des feux de l’actualité halieutique, grâce à un petit monteur de mouches perdu dans sa Franche-Comté profonde.

Ce qui m’étonne le plus, c’est que tout ce petit monde halieutique, professionnels, monteurs amateurs Internet y compris, depuis 30 ans que je l’ai présentée, n’ai pas eu l’idée de vérifier un jour l’exactitude du patronyme , et ils continuent à nommer Ornans une mouche qui n’en est pas une. Si le propriétaire des Mouches de Vallorbe m’en donne l’autorisation, j’appellerais maintenant toutes mes mouches d’Ornans CDC Mouches de Vallorbe .

Pour conclure, je dirais que la Mouche d’Ornans, création avec hackle de Madame de Chamberet est bien une Ornans, et que les 24 mouches de Vallorbe CDC créée par Charles Bickel ont bien été conçues en Suisse. Cette mouche d’Ornans est ma mouche fétiche, je la fabrique depuis 40 ans, elle m’a permis des centaines de prises, ainsi qu’a de nombreux pêcheurs qui m’ont fait confiance, dont des personnes très en vue dans le milieu de la pêche au fouet depuis la création de mon site E-commerce.

Si vous désirez pêcher avec des mouches d’Ornans, où d’autres modèles fabriqués par un artisan installé en Franche-Comté, testées depuis 40 ans sur les rivières de France et étrangères, je vous invite à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas encore, mon site de vente Internet     https://www.lesmouchesdegerard.com/

Je remercie particulièrement  Mr  Rolf  Frischknecht,  propriétaire de Swissflies pour l’autorisation de la publication des images de la collection des Mouches de Vallorbe, et pour l’aide qu’il m’a apportée sur l’historique des Mouches de Vallorbe.  https://swissflies.ch/

Copyright Swissflies – Mouches historiques Suisses. Toute utilisation commerciale de ces textes, photos, mouches y compris les noms, est soumis au droit d’auteur et donc interdit sans permission écrite de Swissflies.

 

 

 


2 Commentaires


  • Commentaire from Alain

    Merci Gérard pour cet article , et pour tes mouches efficaces aussi bien sur 😉

  • Commentaire from Gremeci

    Merci beaucoup d’avoir repris la plume.
    Superbe article.j’ai un peu de mal a me figurer que les ombres étaient présents si bas sur le Doubs… Je donnerais cher pour remonter le temps!
    Je dois être un des rares pêcheurs a la mouche a ne jamais avoir accroché a ma pointe une mouche d’Ornans.je ne pêche qu’avec mes mouches et elle me semble bien compliquée a monter je n’ai pas votre talent.
    Merci encore j’espere que cet article en appellera d’autres je suis un grand fan de ces histoires anciennes que je n’ai malheureusement pas connues.
    Bonnes fêtes de fin d’année


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